L’édition 2024 de Guitare en Scène restera comme l’une des plus éclectiques de l’histoire du festival. Pendant quatre jours, Saint-Julien-en-Genevois a une nouvelle fois prouvé que l’on pouvait réunir des légendes du rock, du blues, de la folk, de la pop, du jazz et du funk dans un format intimiste où la proximité avec les artistes reste incomparable. Avec seulement 5 000 spectateurs par soir, chaque concert a conservé cette atmosphère unique qui fait la réputation du festival.

La première journée a immédiatement donné le ton avec Paddang, Seasick Steve, Status Quo, John Fogerty et The Inspector Cluzo. Entre le blues rugueux de Seasick Steve, les hymnes intemporels de Status Quo et le retour très attendu de John Fogerty, l’ancien leader de Creedence Clearwater Revival, les live reports évoquent une soirée placée sous le signe du rock authentique et des grands classiques repris en chœur par le public.

Le vendredi proposait une affiche tout aussi contrastée avec Seven Ages, Larkin Poe, Chris Isaak, Rival Sons et KO KO MO. Les sœurs Lovell de Larkin Poe ont confirmé leur statut de référence du blues-rock moderne avant que Chris Isaak n’apporte son élégance intemporelle. Rival Sons a ensuite livré une prestation puissante, souvent citée parmi les meilleurs concerts du week-end, tandis que le duo français KO KO MO a conclu la soirée dans une ambiance électrique.

Le samedi faisait figure d’événement avec Lean Wolf, Xavier Rudd, Rodrigo y Gabriela, Francis Cabrel et Nino Baliardo, fondateur des Gipsy Kings. Xavier Rudd a transporté le public grâce à son mélange de folk australienne et de sonorités aborigènes, Rodrigo y Gabriela ont impressionné par leur virtuosité rythmique, tandis que Francis Cabrel a offert un concert tout en émotion où ses plus grands succès ont été repris par un public conquis. La nuit s’est terminée dans une ambiance gitane avec Nino Baliardo.

La clôture du festival restera sans doute la journée la plus marquante pour les amateurs de groove et de musique instrumentale avec Toby Lee, Dave Stewart (Eurythmics), Marcus Miller et Nile Rodgers & CHIC. Toby Lee a confirmé pourquoi il est considéré comme l’un des plus grands espoirs de la guitare britannique. Dave Stewart a replongé le public dans le répertoire des Eurythmics avant que Marcus Miller ne livre une démonstration de virtuosité mêlant jazz, funk et soul. Enfin, Nile Rodgers & CHIC ont transformé le chapiteau en immense piste de danse avec une succession de classiques comme Le Freak, Good Times ou encore les nombreux titres qu’il a composés pour David Bowie, Madonna, Diana Ross ou Daft Punk. Plusieurs comptes rendus soulignent que cette dernière soirée s’est terminée dans une communion exceptionnelle entre les artistes et le public.

Au final, cette édition 2024 aura réussi un équilibre rare : réunir des monuments du rock comme John Fogerty, Status Quo ou Chris Isaak, des représentants du rock moderne tels que Rival Sons, Larkin Poe et KO KO MO, des artistes folk et world comme Xavier Rudd, Rodrigo y Gabriela et Nino Baliardo, sans oublier les légendes du groove Marcus Miller et Nile Rodgers, pour offrir quatre soirées où chaque univers musical trouvait naturellement sa place. Plus qu’une succession de concerts, Guitare en Scène 2024 a confirmé sa réputation de « plus petit des grands festivals » : une programmation internationale, une qualité sonore unanimement saluée et une proximité avec les artistes devenue quasiment introuvable dans les grands rendez-vous estivaux.