MURRAY HEAD À L’ARANDE DE ST JULIEN (74) : 80 ANS ET TOUJOURS LE FEU SACRÉ !

Murray Head fait parti de ces artistes dont les chansons traversent les générations sans prendre une ride. À 80 ans, le Britannique poursuit son aventure musicale avec une passion intacte et cette envie de partager qui semble ne jamais l’avoir quitté. Ce jeudi 22 octobre, c’est devant une salle comble à L’Arande de Saint-Julien-en-Genevois, soirée organisée en collaboration entre la Mairie de St Julien et le Casino de St Julien, qu’il est venu célébrer plus de 50 ans de carrière, dans le cadre de sa tournée anniversaire.

Une carrière, mille histoires

Loin de se reposer sur ses deux immenses succès, Say It Ain’t So, Joe et One Night in Bangkok, Murray Head propose un véritable voyage dans son univers musical. Dès How Can a Poor Man Stand Such Times and Live?, le ton est donné : ici, pas question d’enchaîner simplement les tubes, mais plutôt de raconter une histoire à travers un répertoire aussi riche qu’éclectique, en reprenant des titres de son tout premier album. « On en a vendu 9 à l’époque ! » dit-il en s’en amusant. Parce que c’est aussi ça Murray Head : en plus d’être un crooner, c’est aussi un compteur d’histoire et il aime à introduire chacune de ses chansons par une anecdote qui la caractérise. Et en 50 ans de carrière, il y a de quoi raconter !

De When I’m Yours à Big City, en passant par Pacing at the Station et le magnifique Never Even Thought, le chanteur navigue entre folk, rock et ballades intimistes. L’arrivée de Say It Ain’t So, Joe, toujours aussi émouvant plus de cinquante ans après sa sortie, rappelle à quel point certaines chansons sont devenues intemporelles. Il l’annoncera avec un « Oh non… bon, faut bien les jouer aussi celles-ci ! ». Souvent perçue comme une ballade sentimentale, elle porte pourtant un propos bien plus politique et désabusé qu’il n’y paraît. « J’ai rencontré dans ma vie plus de 30 personnes qui ont été conçues sur cette chanson ! ». Une dualité qui résume assez bien l’écriture de Murray Head : des mélodies immédiatement accessibles, derrière lesquelles se cachent des réflexions plus profondes sur la société et les comportements humains.

Une belle complicité musicale

Sur scène, Murray Head s’entoure de musiciens talentueux qui apportent une véritable richesse aux arrangements. Parmi les compagnons de sa tournée figurent notamment son complice de longue date Geoffrey Richardson (violon, guitare), XXXXXXXX (guitare), Jennifer Maidman (basse, claviers) et XXXXXXXX (batterie), ainsi que la multi-instrumentiste Caitlin Laing-McEvoy (guitare, saxophone, flûte traversière, chœurs).

Ensemble, ils offrent une nouvelle jeunesse aux compositions, alternant passages acoustiques délicats et envolées plus électriques. Une belle alchimie qui laisse toute sa place à la musique, dans de longs échanges et jams improvisées pour le plus grand plaisir du public, mais aussi de l’hôte de la soirée, les regardant jouer entre eux avec ce sourire qui le caractérise si bien.

Bien plus que de la nostalgie

La suite du concert, avec Pity the Poor Consumer, Nigel Nigel, Superstar ou encore Corporation Corridors, confirme toute l’étendue de son répertoire. Autant de morceaux qui rappellent que Murray Head est avant tout un auteur-compositeur curieux, capable de passer d’un univers à l’autre sans jamais perdre son identité.

Sa voix, naturellement marquée par les années, conserve ce timbre si particulier et cette expressivité qui font son charme. À défaut de chercher la performance vocale, il privilégie l’interprétation, la sincérité et l’émotion.  Et finalement, c’est bien ça que le public était venu chercher ce soir-là à St Julien.

Un final entre émotion et énergie

Après Joey’s on Fire, place aux rappels avec deux morceaux particulièrement attendus. D’abord Le Sud de Nino Ferrer, une reprise qui illustre parfaitement l’attachement du chanteur britannique à la France, en allant au contact du public en faisant un tour complet de la salle, avant l’incontournable One Night in Bangkok. Un titre au groove irrésistible qui vient conclure cette traversée musicale sur une note résolument festive.

À 80 ans, Murray Head n’a décidément plus rien à prouver. Mais il a visiblement encore beaucoup à partager, même s’il s’est excusé de n’avoir jouer « que » 2 heures, nous ayant habitué à beaucoup plus. Et dans une époque où la démesure prend parfois le pas sur l’essentiel, retrouver un artiste qui mise avant tout sur ses chansons, ses musiciens et sa proximité avec le public fait un bien fou !

Comme quoi, le rock’n’roll n’est pas une question d’âge, mais bien d’envie. Et de ce côté-là, Murray Head semble avoir encore de belles réserves !


Setlist – L’Arande, 22 octobre 2026

  1. How Can a Poor Man Stand Such Times and Live?
  2. When I’m Yours
  3. Pacing at the Station
  4. Big City
  5. Never Even Thought
  6. Say It Ain’t So, Joe
  7. Pity the Poor Consumer
  8. Nigel Nigel
  9. Superstar
  10. No Mystery
  11. Countryman
  12. Corporation Corridors
  13. Joey’s on Fire
  14. Le Sud (Nino Ferrer)
  15. One Night in Bangkok

Anecdote perso : étant assis dans le public par moment pour prendre des photos, j’ai mis mon appareil en mode « silencieux » afin de ne pas déranger, et au final je me suis retrouvé avec le phénomène de « banding » sur mes photos, d’où les traits de lumières sur certaines, et mis un paquet à la poubelle..

Le banding (ou effet de bande) désigne l’apparition de lignes ou de cassures visibles et disgracieuses dans les dégradés d’une image (comme le ciel ou les ombres), ou de bandes sombres horizontales causées par l’obturateur électronique et les fréquences des éclairages LED.